La réduction des risques et des dommages est-elle efficace et quelles sont ses limites en matière de drogues illicites ?

  • Laurent Michel
Mots-clés: Drogue illicite, Réduction des risques et des dommages, Intervention combinée, Population vulnérable, Politique de réduction des risques et des dommages

Résumé

La réduction des risques et des dommages (RdRD) est née dans le contexte de l’épidémie de sida, qu’elle avait pour principale cible. Le développement de mesures simples a permis dans de nombreux pays de contrôler la diffusion du VIH liée à l’usage de drogues. Ce succès est cependant conditionné par la combinaison adaptée de mesures avec des taux de couverture suffisants atteignant les populations les plus à risque ou les plus vulnérables. Pour le VHC, ce succès est plus mitigé et plus lent à objectiver en raison probablement des prévalences initiales élevées du VHC chez les usagers de drogues. Il repose sur la diffusion à large échelle des outils ayant montré leur efficacité mais, surtout, dépend d’un soutien par une politique “forte” de RdRD, dépassant les barrières structurelles et politiques. Si la combinaison des médicaments agonistes opioïdes, des programmes d’échange de seringues et des antirétroviraux est particulièrement coût-efficace, la prise en compte des comorbidités, du risque d’overdose, le traitement comme prévention ou l’intervention en milieu carcéral restent indispensables. La fin de la criminalisation de l’usage est sans doute une mesure majeure de RdRD en elle-même au regard de ses conséquences pour les usagers.

Publiée
2017-03-14
Comment citer
Michel, L. (2017). La réduction des risques et des dommages est-elle efficace et quelles sont ses limites en matière de drogues illicites ?. Alcoologie Et Addictologie, 39(1), 42-56. Consulté à l’adresse http://www.alcoologie-et-addictologie.fr/index.php/aa/article/view/656
Rubrique
Audition publique - RdRD liés aux conduites addictives